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Au début de son Évangile, saint Luc fait résonner trois noms : Anne, « la grâce » ; Jean, « Dieu fait grâce » ; et Marie, la « comblée de grâce ». La grâce est inscrite à l’état civil !

Et lorsqu’il faut nommer le fils de Zacharie, la famille veut prolonger la lignée : il doit porter le nom de son père. « - Non, il s’appellera Jean. » Personne dans la famille ne porte ce nom-là ? Justement.

La promesse de Dieu n’est pas une répétition. Israël vit d’une promesse transmise de génération en génération ; mais cette fidélité n’enferme pas l’avenir dans le passé. L’Esprit Saint ne recopie pas, il accomplit. Et Dieu accomplit en faisant surgir ce que personne n’avait prévu.

 Les noms eux-mêmes racontent ce passage. Zacharie : « Dieu se souvient ». Élisabeth : « Dieu est serment ». Jean : « Dieu fait grâce ». Et de fait, Dieu se souvient de sa promesse, il honore son serment, et celui-ci devient nouveauté. La grâce n’est pas le retour du même. Elle est la promesse vivante, devenue féconde.

Voilà pourquoi Zacharie retrouve la parole en écrivant : « Jean est son nom. » Sa langue se délie lorsqu’il consent enfin à ce que Dieu tienne parole autrement qu’il ne l’avait imaginé. Depuis la Genèse, quand Dieu parle, quelque chose de neuf commence à exister. Nommer, chez Dieu, n’est jamais seulement étiqueter : c’est créer, appeler à l’existence. 

Dieu nous fait renaître en nous donnant un avenir qui vient bien de notre histoire, sans jamais s’y laisser enfermer. La fidélité de Dieu ne nous condamne pas à nous répéter.

Quand Dieu se souvient, il fait grâce - et l’Esprit ouvre un avenir.

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