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C’est la troisième fois que je reprends le compte. D’Abraham à David : quatorze. De David à l’exil : quatorze. De l’exil au Christ… treize. Le compte n’y est pas. Décidément, Dieu aurait-il le calcul poétique ?

Erreur de calcul de l’évangéliste ? Nom oublié par un copiste ? Pourtant l’évangéliste insiste : « quatorze générations » trois fois de suite. Cette anomalie n’est peut-être pas un problème à résoudre, mais une porte laissée entrouverte. L’Esprit Saint n’inspire pas un registre dynastique : il ouvre un avenir.

Comme dans ces films où un long générique précède l’action, saint Matthieu ouvre son Évangile par un défilé de noms. Abraham, David, Salomon, des rois, des pécheurs, des exilés, des inconnus : toute l’histoire sainte défile. Dieu n’a pas peur de nos histoires de famille. Il s’y inscrit.

Et voilà qu’au terme du générique, une place est vacante. Une chaise vide à la table. Un nom à écrire.

L’espérance chrétienne vient se nicher dans ce blanc. Avec Jésus, l’histoire sainte ne se ferme pas : elle s’ouvre. Par le baptême, nous sommes greffés sur le Christ et introduits dans une histoire qui nous dépasse et qui devient la nôtre. Le Christ n’est pas le dernier nom d’une liste. Il est Celui par qui nos noms peuvent y entrer.

Espérer, ce n’est pas attendre passivement la suite d’une histoire écrite par d’autres. C’est croire que Dieu écrit encore, aujourd’hui, avec nous.

Il manque un nom ? Tant mieux. Il reste une place. La nôtre.

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