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Dans les Contes de Narnia de C. S. Lewis, une sorcière a jeté un sort : c'est toujours l'hiver, et jamais Noël. Notre temps ressemble à cela. Les guerres n'en finissent pas, elles se multiplient, et nous nous demandons quand cet hiver prendra fin.
Jean-Baptiste se pose la même question, du fond de sa prison. Il fait demander à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » C’est un des noms du Messie : « Celui-qui-doit-venir ». « Avent » signifie la même chose : la venue de celui qu'on attend. Or Jésus est venu, et Jean-Baptiste, qui l'avait annoncé, ne le voit plus. Le plus grand des prophètes est en train de succomber au doute.
Jésus ne répond ni oui ni non. Il lui rappelle ses signes et le laisse interpréter : « les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. »*  Le monde ne tourne plus comme avant : la mort n'a plus le dernier mot. La neige commence à fondre.
Jean-Baptiste, lui, n'a plus rien : ni liberté, ni preuve, ni lendemain. Il ne lui reste que celui à qui il pose ses questions. Espérer, ce n'est donc pas prévoir des jours meilleurs : c'est rester suspendu à Dieu dans le noir, quand tout le reste nous a été retiré. C'est espérer contre toute espérance, et se reposer de tout son poids sur quelqu'un qui a promis et qui ne flanche pas.
Regardons Jésus tendre la main aux pauvres et aux malades. « Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi. »**
Croyons-nous qu'il peut nous empêcher de tomber ?

* Lc 7, 22
** Lc 7, 23

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