"Je ne mérite pas d'être appelé." C'est ce qui m'a longtemps retenu de répondre à ma vocation.
Il y a une manière très subtile de s'excuser, d'éviter de s'engager en trouvant toujours quelque-chose à critiquer : ma vie n'est pas assez exemplaire ; untel est bien mieux placé que moi pour ce poste ; il n'y a pas de candidat à l'élection qui réponde à toutes mes attentes… Être critique, en France, c’est un peu notre spécialité. On connaît la musique.
Mais quand elle n’est pas constructive, la critique se fait amère et empêche d’avancer. Elle devient une objection systématique au nom d’une perfection qui n’est pas encore à notre portée. Elle devient un alibi. Et c’est ce que Jésus relève.
Jean Baptiste jeûne : c’est trop. Jésus mange et boit : c’est encore trop. Rien ne convient à qui prétend tout savoir. Pourtant, conclut Jésus, « la sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait. » Veiller, c’est chercher, à la mesure de chacun, cette justesse : moins juger le réel que se réajuster sans cesse à l’œuvre de Dieu.
Jésus nous invite à prêter l’oreille à la mélodie profonde qui sourd de notre monde, aux signes des temps, et à trouver la partition juste à adopter, notre propre manière de nous y accorder. Car l’Esprit souffle et inspire toujours notre monde, de manière inattendue. « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. (Mt 28,20) » Qui saura le reconnaître ? Qui saura s’y accorder ?
« Soyons attentifs » prévient le diacre dans la liturgie orthodoxe juste avant la prière eucharistique. Veiller, c’est cela. Aiguiser ses sens pour reconnaître Celui auquel nous communions.
Cette méditation vous éclaire ?
Partagez cette méditation avec vos proches:
Partager
Découvrez la Parole de Dieu proche de vous, grâce à un frère ou une sœur dominicains
Voir toutes les méditationsChargement...
À vous la parole
0 commentaire
Rédiger un commentaire