Imaginez des amis accompagnant un proche aux urgences et le malade s’entendre dire : Tes péchés te sont pardonnés. C’est un peu ce qui se passe ici. Ces porteurs forcent juste un passage pour que leur ami soit guéri par Jésus et entendent cette absolution. De quoi faire réagir pharisiens et docteurs de la Loi et l’accuser de blasphème.
Cette scène ravive le lien que l’on fait encore trop souvent entre péché et maladie : une sorte de réflexe coupable lorsqu’il nous arrive une maladie, un accident, un handicap : Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu ? avec l’idée que ce serait le prix à payer pour un mauvais comportement passé.
Ce sentiment de faute est justement ce qui paralyse en nous une relation saine avec Dieu qui veut notre bien et que l’on soupçonne de nous faire payer une incartade. Son pardon fait sortir du péché qui paralyse… C’est précisément ce que rappelle Jésus dans sa réponse à deux-coups. Il provoque pour confondre les sages et se révéler aux simples…
D’un côté, il libère le paralysé de son péché - il se relève et rentre chez lui en rendant grâce - et, de l’autre, Jésus donne une leçon aux pharisiens et docteurs de la Loi en cassant le lien qu’ils maintiennent entre péché et maladie. Souvenons-nous de la demande des disciples face à l’aveugle-né : Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? Jésus répondit : Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. (Jn 9, 2-3)
Dans cet épisode, Jésus se situe surtout du côté de la confiance, de l’audace de la foi spontanée (Voyant leur foi) et répond à la méfiance et aux mauvais calculs accusateurs (ils se mirent à raisonner : il blasphème !) C’est ce Sauveur qui guérit en pardonnant que nous attendons et pour sa venue aujourd’hui que nous veillons.
Aujourd’hui, nous fêtons aussi St Ambroise, évêque de Milan à la fin du IVe s. Étymologiquement, « évêque » vient d’« épiscope », c’est-à-dire celui qui veille sur son troupeau. À son intercession, demandons au Seigneur de nous aider à veiller aussi les uns sur les autres.
Une bonne façon de le faire en ce temps de l’Avent : veiller à prendre soin de quelqu’un en particulier. Qui porterons-nous avec foi et audace sur sa civière jusqu’à la crèche ?
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